Écrire sur la nouvelle approche diplomatique du SÉNÉGAL... Analyser l’action du ministre Kaba...


Dans le nouveau style de la diplomatie...


Je m’y emploie car depuis peu le SENEGAL-porteur d’une politique étrangère inédite- est au devant de la scène mondiale, jouant les premiers rôles en Afrique et sur toute la planète en faveur des libertés, de la sécurité, de l’équilibre des forces dans les instances de décisions onusiennes, du développement, de l’environnement, de l’accès facile et équilibré aux nouvelles technologies, de la promotion des énergies renouvelables, de l’unité africaine, de la lutte contre la pauvreté dans un monde difficilement qualifiable.

Un monde au sujet duquel nombreux sont ceux qui, à tort ou à raison, ont eu à prophétiser. Un monde qui a fait l’objet de maints commentaires de la part de grands penseurs dont le très célèbre homme de culture André Malraux.

Si d’aucuns voyaient dans l’énoncé de Malraux, ce français à l’esprit alerte, une vision ; d’autres, par contre, émettaient une révélation, un message. Une analyse des conséquences d’un vécu, à haute échelle universelle, intervenant à un moment où les rivalités Est-Ouest, pas seulement idéologiques, rythmaient la marche du monde. Tout comme lorsqu’il s’est agi, pour les intellectuels, de comprendre comment se conjugue le verbe « exister au vingtième siècle » avec une praxis du dépassement de soi et une action conceptuelle qui habitait et animait les grands ensembles de l’époque... L’époque ? De quelle époque exactement ?

Comprenez par époque, les premières lueurs des instants d’après deuxième guerre mondiale puis le « soleil des indépendances » en Afrique qui coïncida avec l’avènement d’une autre époque. Le temps de la « libération » idéelle. Celui de l’engagement de l’esprit et de la lettre. Celui du « bouillonnement intellectuel »…

Illustration de ce « bouillonnement intellectuel » du vingtième siècle dans lequel Dakar est toujours remarquer : la Négritude, définie par Sartre, dans la préface de « Orphée noir »de Senghor, comme étant « l’être-dans-le-monde-du-noir ». Une manière pour le noir d’assumer sa situation d’homme avili, écrasé par l’histoire, et de se reconstituer par un geste d’affirmation de soi, par l’élaboration d’un projet libérateur. Un projet libéré des chaînes de Gorée et de Weimar, dans un élan d’ouverture soutenu par l’enracinement appelé « Négritude debout ». Un projet qui amène Nkrumah a inventé, dans la foulée des années 60, le panafricanisme.

Le père de la nation ghanéenne l’invente à une époque où Simone de Beauvoir s’étonne… de « découvrir à prés de quarante ans un aspect du monde qui crève les yeux mais que personne ne voit », dénonce « les volumineuses sottises débitées pendant le dernier siècle » et annonce son projet : faire toute la lumière sur celles qui constituent, selon la formule de Freud, « le continent noir » avec une franchise désarmante et un courage de tout dire qui la caractérisent...

Autre illustration de ce « bouillonnement intellectuel » du vingtième siècle : le premier Festival Mondial des Arts Négres organisé à Dakar du 1er au 24 avril 1966, à l’initiative du président Senghor. Un écrivain de haute plume. Un visionnaire pour qui Dakar doit être la porte par laquelle passe et repasse les grandes manœuvres de réconciliation de l’Afrique avec elle-même après plus d’un demi millénaire de chaos avec des aventures aussi douloureuses les unes que les autres, et qui ont pour noms esclavage, déportation, colonisation. Un savant des lettres pour qui Dakar doit être la fenêtre d’Afrique ouverte sur le monde qui entend transformer l’exil en richesse, par l’énergie de ses diasporas ayant déjà prouvé qu’elles avaient cultivé un bout d’Afrique partout où l’atrocité des hommes les avait conduites.

Disait-il dans son discours inaugural : « Le Sénégal vous accueille, donc, comme des hôtes insignes et, d’abord, Dakar, qui répond ainsi à sa vocation. Car, soc noir, lancé dans l’océan fertile, Dakar a toujours répondu à l’appel des Alizés, au salut des visiteurs de la mer et de l’air, pour nouer les dialogues d’où naissent les civilisations, en tout cas la Culture ». Un discours qui était tenu non sans faire de Dakar une université mondiale, une académie au sein de laquelle se rassemblent ethnologues et sociologues, historiens et linguistes, écrivains et artistes pour chercher, à dire la fonction de l’Art Nègre dans la vie des peuples noirs et dans celle des autres peuples du monde. Un discours qui était tenu pour que Dakar demeure donc un éternel carrefour. Un point de ralliement de toutes les eaux du monde : « aujourd’hui, au Sénégal, pour prendre un exemple actuel et présent, c’est le nouvel art national qui, enraciné dans le basalte noir du Cap-Vert, s’élabore, encore une fois, en ce carrefour dakarois où soufflent, avec les images et les idées, tous les pollens du monde ».

Dès lors, on se rend bien compte que Dakar est depuis fort longtemps un vieux carrefour. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute : la cité l’a été avant l’indépendance. Et, elle le sera. Elle le sera encore des millénaires durant étant entendu que le Sénégal n’a jamais cessé de bâtir sa politique sur le dialogue avec les autres, la participation à l’œuvre commune des hommes de conscience et de volonté qui se lèvent de partout dans le monde, pour apporter des valeurs nouvelles à la symbiose des valeurs complémentaires par quoi se définit la Civilisation de l’Universel. Un statut acquis grâce à Senghor, le premier chef de la diplomatie sénégalaise.

Il nous a toujours demandé d’être nous-mêmes. « Etre nous-mêmes, non pas sans emprunts, mais pas par procuration, je dis : par notre effort personnel – collectif en même temps – et pour nous-mêmes. Sans quoi, nous ne serions que de mauvaises copies des autres au Musée vivant, comme l’ont été les Nègres d’Amérique sous l’esclavage, jusqu’à la fin du 19ème siècle, comme nous l’avons été, Nègres d’Afrique, sous la colonisation, jusqu’à la veille de la deuxième Guerre mondiale... ».

Ce disant et malgré les vicissitudes et les turpitudes de l’histoire ainsi que les variations des discours au fil du temps, le Sénégal continue d’être au cœur du débat universel. Un débat qui, actuellement, porte sur de nouvelles priorités : l’urbanisation de la planète, le réchauffement de la Terre, la lutte contre le Sida, le remboursement de la dette, les privatisations, l’emploi… Un débat qui, nonobstant la pluralité de plaidoyers et le flot d’informations subversives, est sujet à un véritable embrouillement des esprits et une vulnérabilité des repères sans précédent. Un débat qui, pince-sans-rire, a rendu le contexte très peu conciliateur.

Le contexte est d’autant plus menaçant que depuis les attentats du 11 septembre 2001, pas une journée ne se passe, pas un quotidien ne paraît sans qu’un brûlant et bruyant sujet ne fasse l’objet d’un gros titre qui puisse ébranler l’humanité dans sa vocation à rester unie face aux canulars et autres bravades de la nature.

Tous les repères bougent... Partout sur la planète, en Europe, en Afrique, en Amérique ou en Asie, tout se passe comme si l’épuisement des idéologies trouvait son sens et son essence dans la diversité et la tonalité des discours dominants à savoir la question de l’énergie, la brouille des religions, les phénomènes migratoires, le respect des libertés démocratiques, le développement durable, la problématique de la sécurité... Tout se passe comme si le choc des civilisations n’avait de contenu que la dilution des valeurs intellectuelles provoquant « la défaite de la pensée » et la victoire de la polémique. Un affrontement infructueux, un aveuglement du sens, une crise de la communication, un pilonnage de la matière et de l’idée, une confusion qui cachent mal la polémique sur l’expansion et la maîtrise du nucléaire.

Le flou sur les genres, la fragilité des repères, l’impertinence de la théorie de la réduction des incertitudes… et la menace de l’équilibre du monde sont des sujets tout aussi brûlants que le pétrole et le gaz font l’objet de spéculations multiples, amenant les pays non producteurs, notamment ceux du tiers-monde, à essayer de trouver des solutions de rechange tels que les bio-carburants, parce que nourrissant des inquiétudes les plus pesantes quant à la survie de leurs populations ainsi que celle de leur économie si fragile et si vulnérable. Une vulnérabilité apparente dans l’hypothétique relation de causalité entre les trois religions révélées : l’Islam, le Judaïsme et le Christianisme. Un sans-dialogue. Une parodie de cohabitation. Un semblant d’amour qui, pince-sans-rire, bute sur la violence à l’échelle planétaire et le fanatisme poussé se résumant à un vocable : l’extrémisme, au motif duquel des régimes réputés belliqueux cèdent sous le poids des puissances occidentales. C’en a été ainsi en Syrie et en Afghanistan. Deux pays censés appartenir à « l’axe du mal », celui des régimes dits « terroristes ». Un enjeu stratégique visant à rétablir la paix dans le monde pour d’aucuns. Un jeu de dupes pour d’autres qui dénoncent le conditionnement psychologique et la manipulation médiatique.

Toutefois, le contexte est également la portance qu’engendrent le crime contre les libertés, les guéguerres d’orgueil ainsi que la survivance de l’instinct haineux symbolisée par le retour en surface du racisme et de l’ostracisme. Sans oublier les phénomènes migratoires qui constituent, en effet, l’un des sujets les plus préoccupants de l’heure : l’épineuse question de « la fuite des bras et des cerveaux ». Une véritable équation pour les pays du Nord, victimes du recul des naissances et du vieillissement de leurs populations, comme pour ceux du Sud, obligés d’émigrer du fait d’une paupérisation et d’une pauvreté galopantes. Un appel aussi. Celui à la redéfinition des paramètres du développement durable et de son corollaire, la gestion de l’environnement aujourd’hui que le débat sur le réchauffement climatique fait florès et actualité et sur lequel insiste le SENEGAL, notamment à propos de la mise en place urgente d’une muraille verte pour lutter contre l’avancée du désert sur le continent noir dont l’agriculture –principal secteur de développement- est souvent minée par les criquets pèlerins et la grippe aviaire. Une initiative qui vient conforter et réconforter le Sénégal dans sa position d’aiguillon et de promoteur de la paix à travers une nouvelle approche politique et une démarche de rupture que j’appelle affectueusement la Teranga diplomatie.

Pour autant, ce n’est pas en chaussant des lunettes noires fumées qu’on va parvenir à comprendre la nouvelle approche diplomatique mais plutôt à travers les binocles de l’Eclairisme, ce courant de pensée dont le sens est de porter, plus en haut et plus loin, un regard partagé sur l’immédiat mais aussi et surtout sur le post-immédiat pour que l’Afrique soit enfin redevenue elle-même, à commencer par le Sénégal : terre de partage et pays d’équilibre. Je le dis d’autant plus que sa vocation est d’éclairer l’avenir et par le dialogue qui, pour nous, est la religion de l’avenir et par le refus de faire nôtre la sale voie martiale ou de ressasser tous les théorèmes de rebut qui nous éloignent de Cheikh Anta Diop et de ses fameuses thèses scientifiques sur l’esprit de fraternité. Ou encore de Senghor selon qui Dakar est art et diversité, résistance et endurance, hilarité et contemporanéité. Comme Jérusalem, charriant foi et lumière. Comme Katoucha Niane, la princesse peulhe, défilant sous les étoiles, dans la douceur d’une nuit noire au cœur du désert exotique… Ainsi, va Dakar : mon arbre à la sève diamantée…

Et si Dakar est une hyper-puissance à part, le Sénégal ne tient pas seulement ce rang de son protocole. Derrière cette machine politico-administrative, il y a bien des « diplomaties » : les sports, les Arts, la défense des droits de l’homme, les actes de foi, le savoir enseigné… Les tambours de la mémoire qui vibrent sous la plume de Boubacar Boris Diop ou encore, les coups de pilon qui résonnent au fond des mortiers écrits de David Mandessi font également partie du décor formaliste. Tout comme les foulées exotiques de Baba Maal, le rossignol du fleuve Sénégal, ou encore Ismaela Lô, chantant la beauté noire. D’Abidjan à Tunis, Mariama Ndoye en a donné la preuve. La preuve que la diplomatie n’est point le propre du politique sinon l’exclusivité des intelligences et cultures combinées.

Enfin, ainsi va Dakar ! Le voici qui, de plus en plus, est présent dans le débat qui détermine l’avenir du monde. Telle une petite Jérusalem. Sa diplomatie est là, bien proactive. Là, dynamique et sans complexe aucun, au nom d’une conscience et d’une philosophie. La même philosophie qui a habité la Chine jusqu’à ce qu’elle soit un géant de la production et une grandissime puissance commerciale. La même philosophie ayant fait que l’Inde respire une meilleure santé économique. La philosophie de la diversification diplomatique et de la différenciation thématique... Suivant l’approche KABA dans sa volonté de rapprocher les religions et les continents sur l’autel du dialogue conceptuel et de l’investissement économique.

La même philosophie ayant conduit certains pays de l’Amérique dont le Venezuela à poser les jalons d’une banque du sud devant faire pièce aux institutions de Bretton Woods -le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale- après l’échec de la zone de libre échange des Amériques, pourtant présentée au moment de sa création comme étant ce qui devrait être le plus grand marché prévu entre l’Alaska et la Terre de feu. Une philosophie de paix et de sécurité. Une philosophie qui voudrait que Dakar soit…demain.


Issa Thioro GUEYE
Ami de la diplomatie...
Ecrivain et membre du réseau des formateurs du NEPAD EC


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