Nord du Mali : les islamistes portent un dur coup aux Touareg


Serge Daniel
Agence France-Presse
Bamako

 

Les combats ont débuté mercredi matin dans plusieurs quartiers de Gao et ont duré plusieurs heures entre les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et les membres de la rébellion touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA).

« Nous avons pris le palais du gouverneur (qui servait de quartier général du MNLA pour tout le nord du Mali) et la résidence de Bilal Ag Chérif, secrétaire général du MNLA, qui a fui avec ses soldats », a déclaré en fin de journée à l’AFP Adnan Abou Walid Sahraoui, porte-parole du MUJAO.

Bilal Ag Chérif a été blessé lors des combats avec les islamistes et évacué dans un pays voisin du Mali, a en outre appris l’AFP de source sécuritaire dans la région.

 

M. Ag Achérif a été évacué « précipitamment » de Gao, a précisé cette source, sans donner de détails sur la gravité de ses blessures, ni donner le nom du pays où il a été évacué et hospitalisé. L’incertitude entourait en outre le sort de Mahamadou Djeri Maïga, autre haut responsable du MNLA, selon la même source.

La prise du palais du gouverneur (ou gouvernorat) a été confirmée par de nombreux témoins interrogés par l’AFP au téléphone depuis Bamako.

Les islamistes « sont entrés à l’intérieur du gouvernorat », a ainsi déclaré le propriétaire de la station-service qui jouxte le palais du gouverneur. Les combattants du MNLA « ont fui, d’autres ont été tués, d’autres arrêtés », selon lui, information confirmée par d’autres témoins.

Un ancien policier en poste à Gao a précisé que de nombreux prisonniers avaient été conduits au commissariat central de la ville.

« Le MUJAO contrôle actuellement le terrain. Des prisonniers du MNLA sont au commissariat, d’autres ont fui la ville, d’autres sont morts ou blessés, mais c’est la débandade » dans les rangs du mouvement rebelle touareg, a-t-il affirmé.

Au moins vingt personnes, essentiellement des combattants, ont été tuées et quatorze blessées lors des combats, selon les témoins et une source hospitalière.

Un enseignant de Gao, désertée toute la journée par ses habitants terrés chez eux, a estimé qu’il faut s’attendre à un bilan bien plus « lourd ».

Ces combats sont intervenus au lendemain de manifestations à Gao d’habitants indignés par l’assassinat lundi d’un conseiller municipal, Idrissa Oumarou, enseignant et membre du parti du président malien de transition, Dioncounda Traoré.

Des hommes armés ont tiré sur des centaines de manifestants, faisant au moins un mort et une dizaine de blessés.

Des manifestants ont accusé le MNLA d’avoir ouvert le feu, ce que ce mouvement a catégoriquement démenti, parlant d’une « manipulation » du MUJAO, mouvement considéré comme dissident d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Impuissance à Bamako

Depuis fin mars/début avril, les villes et régions administratives du nord du Mali - Tombouctou, Kidal et Gao - sont tombées aux mains des groupes armés islamistes que sont le MUJAO et Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), soutenus par AQMI, du MNLA et de divers groupes criminels.

Cette chute de plus de la moitié du territoire malien a été précipitée par un coup d’État qui, le 22 mars, a renversé le président Amadou Toumani Touré.

Depuis, l’armée malienne en pleine décomposition est incapable de reprendre le terrain perdu et les autorités de transition mises en place à Bamako après le retrait des putschistes du pouvoir le 6 avril paraissent impuissantes.

La tension était vive ces derniers temps entre le MNLA, mouvement laïque qui a déclaré unilatéralement l’indépendance du nord du Mali, et les islamistes dont l’objectif proclamé est l’application de la charia (loi islamique) dans tout le Mali.

Le MNLA avait déjà été marginalisé dans plusieurs localités, en particulier à Tombouctou contrôlée par Ansar Dine qui y impose la charia, distribuant des coups de fouet aux « déviants » que sont, selon ce mouvement, les couples non mariés, les fumeurs ou les buveurs d’alcool.

En mai à Gao, des membres du MUJAO avaient empêché des jeunes de jouer au soccer et de regarder la télévision, provoquant de violentes manifestations anti-islamistes, qui avaient fait au moins cinq blessés.

L’occupation du Nord et les violences qui y sont commises, entraînant des pénuries de toutes sortes, ont provoqué un afflux de déplacés et de réfugiés dans les pays voisins évalués à quelque 300 000 personnes par les ONG qui parlent de situation « alarmante ».


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